Les Choses ne sont pas bien (1995)
La Pantomime des Bouffons (2004)
01 - Pomme de terre
02 - Les Sagouins
03 - Baby Face
04 - Guglu
05 - Gontran
06 - Alexandre
07 - Une bonne guerre
08 - Courage and good will
09 - Petit Régis
10 - Et alors?
11 - Guignol
12 - Bourgeois qui pète à table
01 - Pomme de terre
Pomme de terre, inerte dans un champ,
Ni sang, ni nerf, ni pensée, ni sentiments,
Bouddha au rabais, nirvana d'occasion,
Qu'est-c'que t'attends? Reste pas la planté comme un con.
Si tu continues tu vas prendre racine
Arrêt'de rigoler en contemplant ton urine,
en contemplant ton urine
Couler sur tes chaussur'en cuir.
Est-c'que ca te fait vraiment rire?
Pomme de terre, rien n'a d'intérêt.
Tout m'indiffère, les gens sentent mauvais.
Les petits oiseaux s'enculent sur les branches,
Le commandant Cousteau découpe un enfant en tranches.
Mère Teresa vend de la cocaïne a la sortie des maternell'
Et tu contemples ton urine,
et tu contemples ton urine
Qui coule sur tes chaussur'en cuir.
Est-c'que ca te fait vraiment rire?
Pomme de terre, observe sans se plaindre
Toutes ses lumières une a une s'éteindre.
Visage immobile, regard inexpressif
Quelques germes font leur apparition sur le pif.
Pourquoi tu t'laisses aller? Pourquoi tu te débines?
Et pourquoi est-c'que tu t'marres en contemplant ton urine,
en contemplant ton urine
Qui coule sur tes chaussur'en cuir.
Est-c'que ca te fait vraiment rire?
Pomme de terre un jour a rencontré
Pomme de fer qui l'a sodomisé,
Passe a tabac, pendu par les testicules
Pomme de terre ou pas quand on souffre on est ridicule.
Le monde des humains n'est pas fait pour les tubercules.
Sur son visage encore pourtant parfois se dessine
Un sourir'nostalgique a la vue de son urine,
a la vue de son urine
Qui coule sur tes chaussur'en cuir.
Avant ça le faisait tant rire!
Contrebasse: Jean Cortès
Cordes: Mélinée Karapetian, Romain Sénac (violons), Marie
Martarelli, (alto), Bettina Brosche (Violoncelle)
Blair: guitare, voix
Qui sont ces sagouins dans le bois sacré
Où les marcassins viennent s'abreuver
Qui leur a fait croire que leur bonheur était beau à voir
Et qui leur a vendu le droit de s'émouvoir ?
Et tandis qu'en chur ils se mouchent dans la nappe de soie fine
Je m'occupe à noyer des mouches dans l'évier de la cuisine
Comment rabrouer leur joie si sincère
Et ne pas partager leurs petit's misères ?
Mais si tu leurs cèdes ils vont te maquiller comme un'pute
Et si tu ne veux pas te soumettre à leur rut
Enfile ton gros pull en haine et regarde ces cul-de-jatte
Qui courent jusqu'à perdre haleine après les petits myopathes
On te porte aux nues dans tous les faubourgs
Et on voit tes statues à tous les carr'fours
Et l'on me bannira quand je les briserai pour rire
Et si l'on ne se revoit pas à l'avenir
Je m'en irai au Paraguay dans une maison de vieillesse
Et j'y dissèqu'rai des poulets pour égayer d'anciens SS
Je m'en irai vers d'autres cieux où la flatulence des hommes
N'asphyxie pas ce petit dieu qui disparaît quand on le nomme
Blair: guitare, voix
Jenny:
You can't leave me like this, won't
You listen to me?
What does she have that I don't?
Oh tell me Georgie
George:
She's got a nice
Pair of electric eyes
Shining their yellow lights
Way up to paradise
Jenny:
Oh can't you see Georgie, she's got no heart and no soul?
George:
Oh won't you leave me, Jenny, you don't know her at all!
Look at her baby face
Smiling like nobody before in the human race
Ever did to me and ever will
And I want more,
And I cry and my nails leave a scratch on your back door
As I tumble over the spare wheel
Jenny:
Georgie, I will
Paint myself in metallic green
If you want me to
I can roar like an engine
If it excites you
Georgie:
Cool it down Jenny,
Listen, you're not my type
If only you could see
Her small exhaust pipe
Voluptusously offered to my concupiscent eyes,
Her iron body shining softly in the night
Look at her baby face
Smiling like nobody before in the human race
Ever did to me and ever will
And I want more,
And I cry and my nails leave a scratch on your back door
As I tumble over the spare wheel
Oh how do you feel?
Oh tell me baby face
Smiling like nobody before in the human race
Ever did to me and ever will
And I want more,
And I cry and my nails leave a scratch on your back door
As I tumble over the spare wheel
Oh how do you feel?
Oh tell me baby face...
Oh human race...
Ever did and ever will...
Basse: Thierry Leroy
Batterie: Jake Raynal
Blair: guitares, orgue, flûte indienne bon marché, voix
Traînant des pieds, courbé sous sa peine
Le petit corps usé de Guglu promène
Comme on tolère un enfant mongolien trop bavard
L'affligeant fardeau de sa tête de connard
Mais soudain son regard
Se fige et bientôt s'éclaire
Un peu plus loin sur la banquise un marteau gît à terre
Un joli petit marteau de fer
Serti d'or et de diamand
80 coups plus tard Guglu repart la gueule en sang
Ni vent, ni neige, ni pluie ne dérange
Le costume beige et la chemise orange
De Guglu tandis qu'il ploie sous le plomb des nuages
Et qu'il repense au grand festin des scatophages
Mais soudain son visage prend une expession bizarre
Comme fasciné par ce marteau qu'il vient d'apercevoir
Un gracieux petit marteau d'ivoire
Au manche incrusté d'argent
128 coups plus tard Guglu repart le cur content
La gueule en sang
Lentement Guglu rajuste sa barbe postiche et son gros nez d'Auguste
Et poursuit sa route imperturbable à la recherche de nouveaux riens
Quitte à en déterrer d'anciens
Guglu frôle sans laisser de traces la plaine de glace
Où il voit petit à petit comme en songe
Son ombre qui s'allonge
Mains derrière lui, les yeux dans le vide
Les orteils transis dans ses chaussettes humides
Guglu s'en va, priant pour qu'un bossu dans le ciel
Un jour lui broie par désoeuvrement la cervelle
Mais son esprit rebelle soudain s'envole et s'éloigne
Vers ce rêve insensé qui depuis toujours l'accompagne
Un marteau gros comme une montagne
Où Guglu le cur en fête
Viendra se cogner jusqu'à s'en faire exploser la tête
Blair: guitare, voix
Tous les matins Gontran se réjouit d'être un gros porc
Quand il se marre en vomissant ça fait "glouglou" les enfants
crient "encore"!
Et quand ils le taquin'nt en rapp'lant à son souvenir
Que le dégoût d'être un nabot ne le fera jamais grandir
Il s'enferme chez lui pour se recueillir
Et il regarde en souriant s'étaler sous ses grands yeux gloutons
Les sentiments vulgair's à la télévision (bis)
Dehors, complaisamment, les lépreux comparent leurs croûtes
En noir, en rouge, en blanc, dans la rue partout s'ébattent les scouts
"Enfin libres!" crient-ils en s'embrassant avec émoi
Si honteux hier encore, ils sont si fiers de leurs ténias
Depuis qu'ils savent que toute la troupe en a
Tandis qu'un jeune coeur meurtri chante avec bruyante passion
Ses sentiments vulgair's à la télévision (bis)
On sonne, c'est la voisine qui vient s'écouter parler d'elle
"Moi j'suis du genr', qui j'suis comm' ça, j'estime avoir droit,
j'suis pas d'celles
Et si j'ai changé j'y peux rien, je le quitte il le faut..."
Mais au milieu de sa phras' Gontran l'étouffe avec un poireau
Et jusque dans ses ultimes soubresauts
L'on sent nager en elle comme l'eau dans un poisson
Les sentiments vulgair's de la télévision (bis)
Au tribunal, Gontran, serein, expose sa défense:
"Désolé, j'aurais tant préféré pouvoir
regretter mon geste;
Et n'allez pas croir' que j'agisse ainsi par malveillance,
Mais pour en aimer quelques uns je dois bien détester le reste"
Et tandis qu'on le conduit à la potence
Les rebelles en troupeaux bénissent dans leur communion
Les sentiments vulgair's de la télévision (bis)
Cordes: Mélinée Karapetian, Romain Sénac (violons), Marie
Martarelli, (alto), Bettina Brosche (Violoncelle)
Blair: guitare, piano, orgue, voix
Alexandre contemple sa fiancée
Sereine, tendrement assoupie à ses côtés
Que pourrait-il bien trouver d'idiot à lui faire pour s'amuser?
L'appartement est devenu bien tristounet
C'est le printemps, il faut le rendre un peu plus gai
Soudain son morne et mou visage s'illumine d'un sourire niais
Un gracieux bras nu pend nonchalamment du lit
Sur la commode, il ferait assurément joli
Entre l'Herrmès en bronze et la cage du canari
Sa belle jambe dodue suspendue au plafond
Ses deux seins blancs ornent la cheminée du salon
La tête et les deux mains encadrent la télévision
Alexandre sent une pensée soudain
Percer à fendre son petit coeur incertain
"Quel sot je fais, désormais elle risque de marcher beaucoup moins
bien".
Contrebasse: Jean Cortès
Blair: guitare, orgue, kazoo, flûte à bec, voix
Mais pourquoi sont-ils tous aussi laids ?
D'où sortent ces êtres immondes ?
Quel dieu dément les a fait
Jaillir du néant dans ce monde
Grouillement de doryphore
Grognements fous de cochons ivres
Tous ne méritent pas la mort
Mais bien peu sont dignes de vivre
En vérité
Quand vais-je enfin pouvoir dormir
Sans que leurs plaintes me réveillent ?
Se lass'ront-ils de me barrir
Leurs joies niaises dans les oreilles
Ma famille elle est sans problèmes
C'est vrai mais j'en ai un peu marre
De jouer à j'vous aim' bien quand même "
Avec ce tas de ploucs ringards
Mais dis-moi docteur Pierre
Qu'est-ce que tu dirais d'une bonne guerre ?
Y'aurait des tas d'méchants
Mais nous on s'rait les bons
Et nous on f'rait " pan pan "
Et eux " pin pon, pin pon "
Nous, on s'rait les héros
Et eux, ça s'rait les gros salauds
Oh, tu verras comme c'est rigolo !
Oh ça s'rait tell'ment bien une bonne guerre !
Heur' de pointe, métro Châtelet
D'où sortent ces grotesques formes
Qui traînent le long du quai
Leurs corps aux derrières énormes
L'un d'eux soudain se voit défaire
D'un peu de son pouvoir minable
Le voilà qui déchire l'air
De ses geignements lamentables
En vérité
Mais de tout' façon tout est chiant,
Grand méchant loup ne fait plus peur,
Les petites filles de 5 ans
Ont perdu toute leur fraîcheur
La nourriture est un complot
De l'homme contre le poulet
Le sexe est un gadget idiot
Inventé par les Japonais
Mais dis-moi docteur Pierre
Qu'est-ce que tu dirais d'une bonne guerre ?
Y'aurait des tas d'méchants
Mais nous on s'rait les bons
Et nous on f'rait " pan pan "
Et eux " pin pon, pin pon "
Nous, on s'rait les héros
Et eux, ça s'rait les gros salauds
Oh, tu verras comme c'est rigolo !
Oh ça s'rait tell'ment bien une bonne guerre !
Mais dis-moi docteur Pierre
Qu'est-ce que tu dirais d'une bonne guerre ?
Y'aurait des tas d'gentils
Nous on s'rait les fumiers,
Nous on s'rait les nazis
Et eux ça s'raient rien qu'des pédés
Nous, on s'rait les bons fascistes,
Et eux, ça s'rait les sal's communistes
Oh, il suffirait qu'on insiste !
Oh mon Dieu envoyez-nous une bonn' guerre
Contrebasse: Jean Cortès
Choeurs: Julien Besse
Blair: piano, voix
Carefully, I walk round and round the big glass tube on the tip of my toes
Oh I can feel I am getting close
Suddenly I burst into a dim light, and all is
Slimy yellow, dirty brown, oh what an ugly thing to see
Lumps of stale bread floating over a deep and muddy oily sea
Filthy gossips creeping around, I can hear them distinctly
Bugs and flees and cockroaches are beating down a honey bee
Oh there must be something to do
Some special special trick to
Clean up heart and mind
Tidy up and bind up everything together again
Iron gold and steel
Courage and good will can banish all mistake from this brain
I must have overlooked them hidden in their homes
Those tiny blue gnomes
That come and go
What a mess if they grow
Before it breaks down again, tell me do potatoes have an navel too?
Oh, what a frightful mess if they do!
Before long, all this frail order crumbles down into
Stinking pools of bubbling urine, what an ugly thing to see
Eight-year-old girls offering their bodies to their grandfather
My unborn children talk in my back, I can hear them distinctly
Bored idle traitors create little ennemies to collaborate with
Why should there be some way out?
I got my poo to swim about,
I got my farts to please my snout.
Cordes: Mélinée Karapetian, Romain Sénac (violons), Marie
Martarelli, (alto), Bettina Brosche (Violoncelle)
Blair: guitare, piano, verres, voix
Mère:
Ce soir on va
Au cinéma
Petit Régis
Rends moi service
On rentrera très tard
Peux-tu garder bébé ce soir?
Petit Régis:
Désolé madame je suis bien trop occupé, je suis confus
Mais vous semblez si navrée, c'est bon, c'est bon, n'insistez plus
Mère:
Resto, ciné
Belle soirée
Rien que nous deux
Libres joyeux
Il est minuit moins dix
Merci, merci Petit Régis
Petit Régis:
Désolé, madame, j'ai cassé votre bébé,
je suis confus
Je voulais seul'ment jouer, je ne recommencerai plus
Contrebasse: Jean Cortès
Blair: piano, orgue, guitare, flûte à bec, voix
Patient:
Non docteur Pierre
Est-ce donc vraiment l'heure dernière
Suis-je condamné ?
Vous pourriez au moins faire semblant d'en avoir quelque chose à branler
Dr. Pierre:
Désolé je ne peux plus rien pour vous
Je voudrais bien vous aider mais au fond je m'en fous
Votre détresse prend parfois des apparences si cocasses
J'en ris un peu mais bientôt je m'en lasse
Je vous digère et vous excrète
Vous disparaissez dans un grand " sploutch " quand je tire la chasse
Et je remonte ma braguette
Mère:
Oh Pourquoi mon fils ?
Pourquoi lui ? Pourquoi tant d'injustice ?
Pour l'occasion
Vous pourriez au moins manifester un minimum de compassion
Dr. Pierre:
Désolé je ne peux plus rien pour vous
Je voudrais bien vous aider mais au fond je m'en fous
Votre misère offre au regard un spectacle si pittoresque
Sanglotez tout votre soûl sur mon épaule
Si cela peut vous soulager
Mais en contrepartie
Laissez moi le droit de trouver ça drôle
Dès que vous aurez le dos tourné
Moignons tendus vers ma lumière
Mille millions de crasseux rampent à mes pieds
Mendiant ma pitié
Du fond de l'horreur uù ils pataugent
Mais mon regard d'airain
Reste fixé serein
Sur la ligne bleue des Vosges
Souriant sans un mot, je
Cède d'un geste aux vux de ce magma d'avortons
Qui me demandent pardon
De vouloir avoir l'air d'être
Allez vous fair'mettre
Pauvre:
Je n'ai jamais eu de chance
Je n'ai jamais connu d'enfance
Mon père était un alcoolo, ma mère était une put',
je suis né dans un claque
Mon père battait ma mère en utilisant ma p'tit' soeur en guise
de matraque
Je n'ai mêm' pas de maison
Je sors tout juste de prison
J'ai sombré dans la drogu', j'ai perdu mon emploi
Puis en niquant ma mèr', j'ai choppé le Sida
Je suis un parasite, un paria...
Dr. Pierre:
Et alors, qu'est-c' que tu veux qu'ça m'foute?
Et d'abord j'suis sûr que t'en rajoutes
Tu ne crois quand mêm' pas que j'ai quelque remord que ce soit?
Et alors, qu'est-c' que tu veux qu'ça m'foutes?
Ton malheur m'ennuie et me dégoûte
J'ai mêm' la flemme de le mettre en doute
Ne vas pas t'imaginer que je cherche à me rassurer!
Et alors, qu'est-c' que tu veux qu'ça m'foutes?
Et alors, qu'est-c' que tu veux qu'ça m'foutes?
Basse: Thierry Leroy
Batterie: Jake Raynal
Contrebasse: Jean Cortès
Pauvre: François Dubos
Blair: guitares, orgue, voix
Dans le petit théâtre en bois du grenier où
L'on me conserve surgit enfin ce vieux fou
Mes grognements d'espoir et de joie l'accueillent
Par ici, je suis là, posé dans un fauteuil
Je n'ai pas de bras pour t'applaudir
Mais oh, Guignol, je t'en prie fais-moi rire
Evite les tragédies, par ce mauvais temps
Je risquerait d'attraper des sentiments
Mais épargne-moi surtout les images de bonheur
Ca ne m'ennuie pas mais ça me fait peur
Je n'ai pas de jambes pour m'enfuir
Alors oh Guignol je t'en prie fais-moi rire
Tabasse encore Gnafron brise-lui le dos
Tant que je trouve encore un peu ça rigolo
Ne crains pas de me blesser en mimant d'hideux nains
A ma triste ressemblance, je sais bien
Que je n'ai pas le moindre avenir
Mais oh, Guignol, je t'en prie fais-moi rire
Vers encore un peu d'inceste et de crime gratuit
Ne lésine pas sur la coprophilie
Trouve encor' quelque chos' d'autre ça n'est plus assez
Tu ne parviens déjà plus à m'amuser
Je n'ai pas de dieu pour te maudire
Alors Oh, Guignol, je m'ennuie à pourrir
Cordes: Mélinée Karapetian, Romain Sénac (violons), Marie
Martarelli, (alto), Bettina Brosche (Violoncelle)
Blair: guitare, voix
12 - Bourgeois qui pète à table
Quand j'avais sept ans
Je me souviens, maman
Me dit avec un tendre sourire
" Tu es un grand garçon
Désormais, mon fiston,
Tu dois penser à ton avenir
Et choisir ta voie pour faire honneur au nom de ton père
Et plaire
Au petit Jésus dans le ciel
Tu dois de décider seul comme
Un homme "
Et je lui répondis :
" Quand je serai grand
Je serai décadent
Je cultiv'rai tout's sortes de vices
Foutre, sang, morve, étrons
Chez moi se rejoindront
En un répugnant feu d'artifices "
Je me figurais déjà roulant dans la boue des porcs
Mon corps
Repu de plaisirs et de crimes
Faisant la nique à Dieu le père
Et fière-
Ment marchant droit dans l'abîme
Je m'voyais déjà
Dégustant mon caca
Négligemment petit doigt en l'air
Mais mon palais de prole
Chante la Carmagnole
S'il n'a pas son Danette au dessert
J'aurais tant voulu
Envahir mille culs
En aristocrate imperturbable
Mais chacun ses moyens
Chacun son destin
Je suis un bourgeois qui pète à table,
Un bourgeois qui pète à table
Quand j'eus un peu grandi
Très vite, je me mis
A concevoir des plans diaboliques
J'envoyais en pensée
Des millions de bébés
Se noyer dans ma propre colique
Je rêvais de sauter de la tour Eiffel à l'élastique
A pic
Avec les intestins du pape
Puis je me tournai vers les pe-
Tites
Fillettes du village
Un matin d'avril
Je me levai fébrile
Et partis avec un camarade
Vers l'école primaire
D'où sortaient, impubères
Des processions de blanches naïades
Cell' ci se laisse aisément amadouer par un Mars
La garce
Dir' qu'ça pourrait êt' ma p'tite sur !
Je la renvoie chez ses parents
Chialant
Mon copain me dit " Tu m'écoeures
Tu voudrais être ignoble
Et violer des p'tites filles
Mais devant l'action, ton zèl' s'essouffle
Tu voudrais être un noble
Et tu prends la Bastille
A chaqu' fois qu'on touche à tes pantoufles
Tu joues les grands seigneurs
Devant tes inférieurs
Mais tu n'es qu'un pauvre minable "
Je lui dis : " ce n'est pas
Tout à fait exact
Je suis un Bourgeois qui pète à table
Un bourgeois qui pète à table "
" Fumiste, ringard "
Me crie-t-on de tout' part
" Crois-tu vraiment qu'tu nous impressionnes ? "
On me montre du doigt
On se moque de moi
Oh je ne fais plus peur à personne
Mais un cri de haine déchire soudain le silence
Vengeance
Je vais polluer l'atmosphère
Ce n'est pas très glorieux mais je
Ne peux
Tout à fait m'empêcher d'en êt' fier
Ma médiocrité
Placide et assumée
Explose comme une boul' puante
J'engloutis des kilos
De savoureux fayots
D'autosatisfaction suffisante
Et tant pis pour mon froc
Les voilà qui suffoquent
Et supplient " pouce ! on fait la trêve "
Mais je pèt'rai, je pèt'rai
Je pèt'rai, je pèt'rai
Jusqu'à c'que tous les convives en crèvent
Que tous les convives en crèvent
Et je suis un bourgeois qui pète à table
Un bourgeois qui pète, un bourgeois qui pète
Un bourgeois qui pète à table
Blair: piano, voix
Qu'arrive-t-il? Le peu de maisons où le culte de l'intelligence
était encore en honneur sont envahies par le goût des plaisirs,
enfants de la paresse. On n'y entend plus que voix qui modulent, qu'instruments
qui résonnent. Les chanteurs ont chassé les philosophes, et les
professeurs d'éloquence ont cédé la place aux maîtres
en fait de voluptés. On mure les bibliothèques comme les tombeaux.
L'art ne s'ingénie qu'à fabriquer des orgues hydrauliques, des
lyres colossales, des flûtes, et autres instruments de musique gigantesques,
pour accompagner sur la scène la pantomime des bouffons. "
Ammien Marcellin (vers 380)
01 - Les Escargots
02 - L'homme aux 3 sexes
03 - Vieux
04 - Les Lasagnes
05 - Déchet
06 - Les Ourses d'Elysée
07 - Fin août
08 - Pourquoi?
09 - Chenet
10 - Estomac
11 - Les Petits Nabots
12 - Chanson très courte
13 - Frédo
14 - Berceuse
Blair et le Peuple de Gauche
La Pantomime des Bouffons
Blair : paroles, musiques, etc
Le peuple de gauche :
Julien Besse : basse, violon, son (intermittent), mastering, matériel
coûteux
Emmanuel Reveneau : guitare (et arrangements afférents), basse, violoncelle,
clarinette, flûtes à bec, mixage, matériel bon marché
et disponibilité
Nouvel adhérent : Jean-François Domingues : guitare solo, basse,
son, mixage, matériel coûteux
Militants d'un ou plusieurs jours :
Thomas Caligari : batterie
Dylan Bendall : guitare, voix, cris
Cécile Ducourtieux : Tuba
Thomas Thévenin : sax ténor
Sonia Cordier : violoncelle
Antonin Sérieyx-Derobe : interventions
Ariane Derobe : gnagnas, nabots
Prö State Lewis : orgue
Camille Picard : voix, nabots
Régis Gagnier : voix, nabots
Bar : fascisme, nabots
Piar : piar
Picole : aigus
Jean-François Reumeaux : chur fugitif
Benoît Szakow : curé, voix, guitare
Leurs cornes sans pitié me chatouillent le ventre
En un clin d'il ils se réfugient dans leur antre
Comme les collégiens tabassent
L'enfant cul-de-jatte aux abois
Depuis que Dieu m'a fait Limace
Les Escargots se rient de moi
Loin du confort douillet de leurs palais de nacre
En frissonnant je songe à d'utiles massacres
Comme chevaliers en armure
Traquant un petit animal
Munis d'instruments de torture
Les Escargots me font du mal
Pourquoi n'ai-je jamais les meilleures salades ?
Où trouverai-je abri quand je serai malade ?
Comme une jeune mère imprudente
Fait sécher son enfant au four
Même sans intention blessante
Les Escargots me jouent des tours
Reconnaissez que je rampe aussi bien qu'un autre
L'argent de ma bave brille autant que le vôtre
Comme autant de vers solitaires
Blottis dans leur propre colon
Loin des Limaces prolétaires
Les Escargots tiennent salon
Dans les rivières gelées des vallées martiennes
M'attendent des êtres mi-pingouins, mi-sirènes
Demain, je quitte la planète
Par le premier vaisseau-cargo
A l'heure où, dans leurs maisonnettes,
S'endormiront les Escargots
Manu Reveneau :guitare, violoncelle, voix
Julien Besse : basse, violon
Cécile Ducourtieux : tuba
Ariane Derobe : gnagnagnas
Blair: piano, glockenspiel, un tout petit bout de guitare au début, voix
1. J'ai un sexe en pâte à modeler,
Et un deuxième en cuivre
Les petits enfants ensorcelés
Se battent pour me suivre
Ils ont sculpté, de leurs doigts agiles,
En utilisant, le croirait-on ?
Mon propre sexe en guise d'argile,
Toute une armée de petits santons
2. J'ai un sexe en pâte à modeler,
Et un deuxième en cuivre
J'ai du mal à me dissimuler
Que je ne peux plus vivre
Depuis qu'armés d'une règle en fer
Ils s'amusent à faire " ding dong "
En cabossant ma seconde paire
Et je me lasse un peu à la longue
3. De mon sexe en pâte à modeler
Et de mon autre en cuivre
Je pleure ma détresse à la télé
J'ai même écrit un livre
Et les mioches, au jour de ma vengeance,
S'en iront avec leurs jou's bien grasses
S'entasser dans mes camps de vacances
Où je les aurai attirés grâce
4. A mon sexe en pâte à modeler
Et à mon autre en cuivre
Et ils pourront toujours appeler
Pour que je les délivre
Ils seront vendus par lots de quatre
A tous les lupanars de Turquie
Il sera temps alors de débattre
Du respect dû aux citoyens qui
Ont un sexe en pâte à modeler
Et un deuxième en cuivre
Manu Reveneau : guitare
Julien Besse : basse
Blair : guitare, glockenspiel, voix
1. Leurs gestes sont si vifs et leurs yeux luisent d'un éclat étrange
Les jeunes de mon âge m'entourent, et j'ai grand peur qu'ils me mangent
Invoquant les noms de dieux cruels et bavards
Ils sacrifient mes nuits sur des rythmes barbares
Le jour où je serai grand-père,
Ca ira peut-être mieux
Mais qu'est-c' que j'vais bien pouvoir faire
En attendant d'êt' vieux ?
2. Et quand après soixante ans jailliront enfin de la chrysalide
Mon âme multicolore et mes membres brisés d'invalide
Portant noblement ma risible dignité
Jetant un regard triste et fier sur mon passé
Je pourrai leur avouer, sincère,
" Je ne sais que dire adieu "
Mais qu'est-c' que j'vais bien pouvoir faire
En attendant d'êt' vieux ?
3. Et si le destin choisissait d'étouffer mon grand âge en son
germe
Si l'embryon de ma vieillesse devait mourir avant terme
S'il ne restait de moi qu'un sinistre chantier
Pour témoigner de mon existence tronquée ?
Ca ne change rien à mes plans,
Je suis né pour être vieux
Et c'est entre quinze et trente ans
Qu'on est le plus gâteux
Et qu'est-c' que j'vais fair' de mon temps
En attendant d'êt' vieux ?
Julien Besse : basse
Jean-François Domingues : guitare solo
Blair : guitare, glockenspiel, clavier, voix
Mes lasagnes sont froides et le ciel est tout gris
Je subis les affronts du vieux serveur aigri
Je sors sur le trottoir et la pluie est glaciale
Lors je me réfugie dans la haine raciale
Il n'y a place en mon cur pour la moindre passion
Il n'y a pas de limites à ma constipation
Je presse un peu le pas, je trébuche et me vautre
Et je lâche la bride à mon rejet de l'autre
Je sens monter en moi une sournoise peur de l'altérité
Pour me protéger, je tiens un discours d'exclusion patenté
Je m'achète à prix d'or un éclair au café, mais
la crème est rance
Et je cache ma détresse sous un masque d'intolérance
On m'a mis dans un avion pour les mers du Sud
Où, dit-on, je guérirai de mes certitudes
Il y a tant de pays qui ne sont pas la France
J'apprendrai à m'enrichir de leurs différences
L'hôtesse apporte un plateau-repas maigre et froid
Mon petit voisin vient de tout vomir sur moi
Je n'ai pas eu le temps de toucher au dessert
Dès lors je pars en quête d'un bouc émissaire
Je suis assis à côté d'un représentant d'une autre
nation
J'ai bien envie de voir en lui l'exutoire à mes frustrations
J'entends s'attrouper autour de moi les vieux démons du fascisme
Et sans tarder je méprise à part moi son particularisme
On est arrivé, je descends de l'appareil
Ils m'accueillent avec des yeux pleins de soleil
Leur ouverture d'esprit me désarme et fait taire
Toute tentation de réflexe identitaire
Notre compréhension mutuelle s'accroît
D'ailleurs, ils ne sont pas si différents qu'on croit
J'ai retrouvé la joie sous ce climat paisible
Et je raille en français leurs coutumes risibles
Manu Reveneau : guitare, voix
Julien Besse : basse, violon
Thomas Caligari : batterie
Prö State Lewis : orgue
Sonia Cordier : violoncelle
Cécile Ducourtieux : tuba
Thomas Thévenin : saxo ténor
Jean-François Domingues : guitare électrique
Dylan Bendall : guitare électrique, hurlements
Bar : fascisme
Blair : guitare, voix
Et le chant délicat des papillons en rut
Ne m'atteindra jamais
Je les entends crier dans mon sommeil de brute
Que je suis un déchet
Et mon nez sous leurs coups laisse couler des litres
De sang mêlé de lait
J'invoque en bafouillant l'honneur dû à mes titres
Mais je suis un déchet
Et tel un petit vieux, je bave et je marmonne
En rêvant en secret
Qu'un pontife en haillons à Noël me couronne
Empereur des déchets
Mais hélas ! même au cur du pays des raclures
Où croissent en bouquets
Chancres, rats et nabots de toutes les natures
Je suis le seul déchet
Les cloportes, joyeux, en société s'ébattent,
Le porc se reconnaît
Dans ses frères de pus, le lombric et la blatte
Moi seul suis un déchet
Et tout au long des jours, tenant ma propre laisse,
J'arpente mon palais
Je suis le souverain, la plèbe et la noblesse
Du peuple des déchets
Et lorsque je me crois maître de la planète
D'insolent farfadets
Dansent autour de moi en chantant à tue-tête
" Venez voir le déchet "
Et le jour où, enfin, la justice bavarde
Saisira mon procès
On m'entendra plaider, d'une voix pleurnicharde,
" Grâce pour un déchet,
Grâce pour un déchet ".
Manu Reveneau : clarinette, flûte basse, violoncelle
Julien Besse : basse
Jean-François Domingues : guitare solo
Antonin Sérieyx-Derobe : plaidoirie
Blair : guitare, flûte, voix
1. Nous avons ressorti nos toges d'empereurs
Nous avons ressenti comme un sursaut d'honneur
Au souvenir de nos prouesses
A l'évocation du temps de notre jeunesse
Les enfants nous montrent du doigt et nous jettent des pierres
Les ourses d'Elisée n'ont cure de notre colère
Les ourses d'Elisée se sont endormies pour l'hiver
2. Nous nous sommes battus à coups de postillons
Mais ils n'ont pas voulu nous rendre nos bonbons
J'ai pleuré pour que Yahvé sauve
Le rameau de laurier qui ceint mon crâne chauve
Les enfants réduisent par jeu nos vieux rêves en miettes
Les ourses d'Elisée ne secondent plus nos conquêtes
Les ourses d'Elisée ont abandonné les prophètes
Ô Dieu de nos malheurs daignerais-tu m'apprendre
Quelle humeur sombre te poussa
A réunir en nous l'ambition d'Alexandre
Et le corps de Sancho Panza ?
3. Nous nous sommes cachés en tremblant sous les draps
Ils nous ont dénichés en riant aux éclats
Ils nous ont déguisés en femmes
Ils nous promènent partout dans la ville en flammes
Les enfants traînent nos plaies ouvertes dans la poussière
Les ourses d'Elisée restent sourdes à nos prières
Les ourses d'Elisée se sont vendues à l'adversaire
Manu Reveneau : clarinette, flûte à bec
Julien Besse : basse
Benoît Szakow : lecture
Blair : guitares, glockenspiel, claviers, flûte à bec, voix
1. L'air est tiède encore
Et le ciel d'août est très joli
Mon ami se tord
De douleur et je ris de lui
2. Le lourd chant des porcs
Accompagne son agonie
Mon ami est mort
Et je lance des confettis
L'air commence à refroidir
Et son cadavre aussi et moi, je continue à rire
Son regard figé, pourtant
Me livre de tristes secrets qu'il me cachait vivant
(solo)
3. Serai-je assez fort
Ou vais-je, à mon tour, cette nuit,
Partager son sort
Et son horrible maladie ?
Manu Reveneau : guitare, violoncelle, orgue à bouche, voix
Julien Besse : basse
Blair : guitare, glockenspiel, flûte indienne, truc indonésien,
voix
1. " Pourquoi ne me laissez-vous pas jouer avec vous ?
Pourquoi me persécutez-vous en me lançant des cailloux ?
Ce n'est pas ma faute si mon anatomie est un peu bancale
Si je suis anormal
Si je ne suis qu'à demi mâle "
Courbé sous les coups, tremblant de peur,
En pleurs,
Innocence outragée d'un petit cur
Tous ses camarades le trouvent bien ridicule,
Le petit Adolf avec son testicule
Pourquoi tant de cruauté ? Pourquoi tant de haine grands dieux ?
Pourquoi pourquoi pourquoi ? Parce que.
2. Combien de plaisanteries et de malveillants sarcasmes
Pour accueillir ses velléités de moitié d'orgasme ?
Est-ce sa faute si la natur' lui a joué ce tour de cochon,
Si dans la dépression
Dieu se fait avare en roustons ?
Te voilà bien équipé pour le golf,
Adolf,
Avec ton gros club et ta roubignolf
Toutes ses copines le trouvent bien ridicule
Le petit Adolf avec son testicule
Pourquoi tant de cruauté ? Pourquoi tant de haine grands dieux ?
Pourquoi pourquoi pourquoi ? Parce que.
3. Pourquoi persister ainsi à se foutre de sa gueule
Sous prétexte que sa burne a choisi de vivre seule,
Fidèle à son maître et au célibat jusqu'au dernier
bunker ?
Les juges de la guerre
En riaient un peu jaune à Nuremberg
Docteurs et savants de tous les pays
Depuis
Poursuivent leur insolite autopsie
Penchés sur son corps, ils interrogent, incrédules,
Le petit Adolf avec son testicule
Pourquoi tant de cruauté ? Pourquoi tant de haine grands dieux ?
Pourquoi pourquoi pourquoi ? Parce que.
Manu Reveneau : guitare
Julien Besse : basse
Blair : guitares, piano, glockenspiel, flûte à bec, voix
1. Nos conversations commencent à s'affadir
Nous n'avions, je crois, pas grand chose à nous dire
J'aime bien gagner mais je n'aime pas me battre
Je veux être un chenet devant ton âtre
2. Béni soit le jeune héritier qui t'emmena
Dans ce château si propice à ton climat
Béni, le sorcier qui, dans un éclair bleuâtre,
M'a changé en chenet devant ton âtre
3. J'ai parfois du mal à supporter tes manies,
Mais tu me tiens comme un genr' de compagnie
Un il sur ton troupeau de bibelots en plâtre,
Je monte la garde devant ton âtre
A mes côtés mon camarade, inerte, fait le beau
Figé dans son manteau de suie
Jamais il ne saura la chaleur du feu dans son dos
Ni le son de tes pas la nuit
4. Ton pauvre mari sanglote chez sa maman
Depuis qu'il t'a surprise avec ton amant
Pour ma part, tu peux bien en avoir trois ou quatre
Si je suis le chenet devant ton âtre
5. Quand tes amoureux déserteront tes varices,
Quand tes enfants fuiront ton avarice
Que le chagrin te rende douce ou acariâtre,
Je resterai chenet devant ton âtre
6. J'étais un peu triste quand je t'ai vu' partir
Mais je m'entends mieux avec ton souvenir
Quand tes héritiers auront fini de se battre
Je serai ton chenet devant leur âtre,
A jamais ton chenet devant leur âtre
Manu Reveneau : guitare
Julien Besse : basse
Cécile Ducourtieux : tuba
Blair : guitare, claviers, voix
1. Regardez le bossu qui galope
Vers celle qu'il aime
Malgré sa démarche de salope
Et son teint trop blême
Du fond de leur misère morale
Touchés par la grâce
La secrétaire et le commercial
Tendrement s'embrassent
La passion nous enivre
Même couverts d'eczéma
Mais on ne peut pas vivre
Quand on a mal à l'estomac
2. Pieusement la lycéenne, enceinte
Du fils de la concierge,
Couvre ses murs d'images de saintes
Plus tout à fait vierges
Le jeune ingénieur aux yeux d'insecte
Et aux idées qui louchent
Trouve sa dimension dans la secte
Des gobeurs de mouches
Il y a un purgatoire
Pour les pires Saint Thomas
Mais on ne peut pas croire
Quand on a mal à l'estomac
3. L'oncle Léon joue de la trompette
Avec les narines
Les enfants se tordent quand il pète
Assis dans la farine
Fernand ne se tient jamais tranquille
Et tout le dortoir
Vibre d'allégresse tandis qu'il
Raconte l'histoire
Du Général De Gaulle
Bras au ciel en pyjama
Mais on n'est jamais drôle
Quand on a mal à l'estomac
4. Le vieil Hugo fait chatoyer les braises
Du chagrin paternel
L'autre fait monter en mayonnaise
Son amour éternel
Un troisième en scintillant s'abîme
Dans la décadence
A côté de ces élans sublimes
De toute évidence
Mon poème futile
Vaut moins qu'un pet de lama
On n'est guère subtil
Quand on a mal à l'estomac
Manu Reveneau : guitare, voix
Julien Besse : basse, violon
Jean-François Domingues : guitare (intro)
Blair : guitare, glockenspiel, voix
1. - Dis-moi,
Nathalie, qu'avons-nous engendré là,
Qu'ils sont hideux quand ils agitent leurs petits bras,
Qu'ils couinent " Maman, Papa,
N'êtes-vous venus que pour nous fair' des reproches
Ayez un peu pitié, nous sommes déjà si moches "
Bondissant comme un diable le plus petit s'accroche
2. Aux
Barreaux de la cage au fond du zoo
A l'écart pour ne pas effrayer les animaux
Quand ils chantent en sanglots
" N'êtes-vous venus que pour nous fair' des reproches
Ayez un peu pitié, nous sommes déjà si moches "
Qu'avons-nous fait au bon Dieu pour mériter ces mioches
Minuscules,
Grouillant de pustules,
Petites pelotes de tentacules ?
" Laissez-nous jouer à Tarzan dans vos cheveux
Penserez-vous, demain, à nous apporter un peu
De brioche "
Les voilà qui s'approchent
Veux-tu bien sortir de ma poche ?
3. - Oh ! François
Celui-ci a les mêmes yeux que toi
Son bec me rappelle un peu ton sourir' d'autrefois
Avant eux, avant tout ça
" Mais n'êtes-vous venus que pour vous moquer de nous
Pour nous culpabiliser, pour nous traîner dans la boue
N'oubliez pas que nous sommes vos enfants malgré tout "
" Mais dès demain, des espaces sans fin
Pourraient tout à coup s'offrir à nous
Des prés des montagnes
De luxuriantes campagnes
Si seulement vous nous sortiez d'ici
Un mois, une semaine, une nuit
Et sans un mot, sans un geste de trop
Nous nous glisserions à pas furtifs
Au long des ruelles
Ou à dos d'hirondelles
Petits gnomes
Frêles et verdâtres fantômes
Parodies de vos chromosomes
Nanana
Mais nous sommes déjà trop grands
Nous pourrions devenir méchants
Nous pourrions blesser un enfant
Un jour ou l'autre on reviendrait se venger de vous
Vous devriez nous supprimer, nous tordre le cou
Est-ce la pitié qui vous retient ou le dégoût ? "
Manu Reveneau : nabot, voix
Camille Picard, Ariane Derobe, Régis Gagnier, Bar : nabots
Blair : piano, guitare, nabot, voix
1. C'était un petit rire strident
Entrecoupé de propos incohérents
L'ensemble était assez mélodique et j'ai pensé que mon
emploi du temps
Me permettrait bien une chanson très courte
A la gloire de la petite fille au cerveau de yaourt
2. Quand elle a dit " c'est fini je fous
Le camp " son jeune ami a pleuré beaucoup
C'était assez prévisible et je ne sais pas si ça vaut vraiment
le coup
De déplorer dans une chanson si courte
L'inconstance de la petite fille au cerveau de yaourt
3. Elle s'est pendue au fond d'un bois
Laissant un petit mot qui disait " j'ai froid "
Je ne sais pas si j'en suis triste ou content mais si ça ne tenait qu'à
moi
J'interdirais les chansons, même très courtes,
A la mémoire des petites filles au cerveau de yaourt
Manu Reveneau : guitare
Julien Besse : basse, violon
Thomas Caligari : batterie
Blair : guitare, glockenspiel, flûte à bec, clavier, voix
1. Au royaume enchanté des derniers hommes
Les amoureux babillent et soupirent
Dans des carrosses en aluminium
Tirés par des tapirs
Les garçons en uniformes de beatniks
S'en vont, en chantant pour se donner courage,
A la chasse aux minorités ethniques
Et aux filles de leur âge
Mais Frédo ne joue pas, Frédo est malade
Et nul ne veut être son camarade
Et il mourrait s'il apprenait par hasard
Que quelqu'un lui ressemble quelque part
2. Au royaume joyeux des derniers hommes
L'été déride les âmes sinistres
Les augustes sont empereurs de Rome
Et les pétomanes, ministres
Les garçons en uniformes de beatniks
Ont pendu sur la place, par les chevilles,
Des membres des minorités ethniques
Pour fair' rigoler les filles
Mais Frédo reste là, les yeux dans le vague
Et nul ne rira jamais à ses gags
Et il mourrait s'il entendait, en écho,
Le commun s'esclaffer à ses bons mots
Il s'en ira, sans ami, sans compagne
S'isoler tout en haut de la montagne
Et les étoiles, tout au long des siècles et des siècles
à venir
Retentiront de son grand rire
Il s'en ira, sans attendre l'automne,
Il s'en ira, le bon Dieu lui pardonne,
A la quête des sources du Printemps
Et pendant ce temps
3. Au royaume imparfait des derniers hommes
Les charpentiers au visage sévère
Travaillent comme des bêtes de somme
Pour qu'on dorme au chaud l'hiver
Les garçons en uniformes de beatniks
Rapportent à leurs familles affamées
Le gigot de minoritaire ethnique
Qu'ils mangeront au dîner
Mais Frédo ne bouge plus, Frédo a un gros rhume
Tout seul, dans son coin il joue au légume
Et je mourrais si ma mièvre ritournelle
Devait souiller son repos éternel
Oui, je mourrais si ma mièvre ritournelle
Devait souiller son repos éternel
Manu Reveneau : guitare, basse, clarinette, violoncelle, flûte à
bec, voix
Julien Besse : violon
Jean-François Reumeaux : churs glapissants
Jean-François Domingues : glissendo d'orgue
Blair : guitare, piano, clavier, glockenspiel, flûte à bec, voix
Guest star : Catherine Thibon au piano
1. Quand je faisais ma toilette
Au lac avant l'aurore
Les poissons me faisaient fête
En me frôlant le corps
Mais aujourd'hui, je suis morte
Et je nage à grandes brasses
Les alevins ne m'import-
Unent plus quand je passe
2. Tous les matins de septembre
Monseigneur Putois
Pleurait au seuil de ma chambre
" Je ne veux que toi "
A présent que je suis morte
Reviendra-t-il chaque année
Infliger son odeur forte
A mon petit nez
3. Quand le soleil embrasait
Midi dans la clairière
Les lutins rivalisaient
De friponnes prières
Mais depuis que je suis morte
Je n'y ai plus mis les pieds
Que le diable les emporte
Loin de mon sentier
4. Et quand approchait le soir
Les satyres cornus
S'en venaient nombreux me voir
M'endormir toute nue
Mais depuis que je suis morte
On ne les voit plus jamais
Se presser devant ma porte
Et j'ai bien la paix
5. Quand enfin le méchant jour
Au loin s'était enfui
Je versais mon cur trop lourd
Dans le creux de la nuit
Même avant que l'on m'emporte
Je ne renaissais qu'à l'heure
Où Morphée me laissait pour morte
Sur mon lit de fleurs
Jamais avant que je meure
N'ai-je su aimer qu'en rêve
Ce matin je n'ai plus peur
De la nuit qui s'achève
Jamais avant que je meure
N'ai-je su aimer qu'en rêve
Ce matin je n'ai plus peur
De l'aube qui se lève
Blair : piano, basse (clavier), voix
Soeur Lise #1
Duchesse
Sycomores
Soeur Lise #2
Crystal Grave under the Snow
Life is a Fairy Tale
Mis en bière
Les petits ogres
Sadness
Soeur Lise #4
Sapajou
Ce matin, ma bonne en venant fair' mon lit
Me voyant sur les draps m'astiquer le vit
Me dit au moment où je vidangeais mes burnes:
"Tout ce bon foutre qui se perd dans vos mains
Gardez-m'en un peu pour laver mon vagin
Au lieu de le gâcher en pollutions nocturnes
Vos cartes de France dressent mes aréoles
Je me dis en voyant vos saintes auréoles:
C'est du sperme, c'est du sperme, c'est du sperme, c'est du sperme, c'est du
sperme
C'est du sperme, c'est du sperme, c'est du sperme, c'est du sperme, c'est du
sperme
Ma chérie, je t'écris en plein érection
Je ne peux plus contrôler mes émotions
Voilà que le papier de ma purée je souille
Ca peut paraître un peu primaire, oui, mais
Pour t'écrire mon amour, ma mie, je n'ai
De plus belle encre que le nectar de mes couilles
Souviens-toi que je suis priapique de toi
Dis-toi que ce ne sont pas des tâches de gras
C'est du sperme, c'est du sperme, c'est du sperme, c'est du sperme, c'est du
sperme
C'est du sperme, c'est du sperme, c'est du sperme, c'est du sperme, c'est du
sperme
Ma mère qui, depuis ma plus tendre enfance,
Patauge jusque aux genoux dans ma semence
Pour me calmer m'a envoyé au séminaire
"Comme il est bon et pieux, notre nouveau curé!
Mais quel est ce liquide dans le bénitier?"
C'est du sperme, c'est du sperme, c'est du sperme, c'est du sperme, c'est du
sperme
C'est du sperme, c'est du sperme, c'est du sperme, c'est du sperme, c'est du
sperme
C'est du sperme, c'est du sperme, c'est du sperme, C'est du sperme, c'est du
sperme, c'est du sperme, c'est du sperme
C'est du sperme, c'est du sperme, c'est du sperme, C'est du sperme, c'est du
sperme, c'est du sperme, c'est du sperme
C'est du sperme (du sperme)
(enfin un genre de sperme)
C'est du sperme.
Paroles: Pro State Lewis, Blair
Musique, arrangements, claviers: Pro State Lewis
Batterie: Bruno Maman
Basse: Thierry Leroy
Guitare: Olivier Brigand
Choeurs: Pro State Lewis, François Dubos, Lucille"j'ai oublié
les paroles" Soprasetto
Blair: voix, guitare intro.
Arrêtez: Bar, Piar, Picole.
Youp du chêne hop sur le hêtre
Et zip par la fenêtre
Gentil malin petit babouin
Dis-moi qui est ton maître ?
Je suis un peu lasse de tes parades
Présent' moi plutôt ton petit camarade
Comme il est migon
Avec son air bougon
Dis-moi imbécile
A quoi donc te sert-il ?
Youp du sol hop sur le lustre
Et zip dans mon anus
Rien dans les mains, rien dans les poches
Juste un peu d'astuce
Où est donc passé le petit rongeur ?
Il frétillait encore ici tout à l'heure !
Il va étouffer !
Je le vois gigoter.
Ca semble magique
Est-ce bien catholique ?
(Camille Picard : Sur Lise ; Régis Gagnier : babouin)
Fallait-il attendre pour m'offrir vos richesses
Que les ans m'aient rendu si laid, si ventru ?
Ca n'aurait rien changé, si vous m'aviez, Duchesse,
Anobli plus tôt, et j'aurais peut-être eu
Un peu plus de fromage dans mon pain de mie
Et de sucre dans mon chocolat
Deux ou trois rois mag's en rab à l'Epiphanie
Plus de bull's dans mon Coca-Cola
Ca ne veut pas dire que j'étais malheureux
Mais ne m'en veuillez pas, j'ai comme un petit creux
Si on m'avait dit, j'aurais quitté mon repaire
Bien avant pour aller traîner mes chaussures
Dans le grand salon du château de votre père
Et j'avoue que je n'aurais pas craché sur
Un peu plus de joie franche sous mes airs blagueurs
Moins de fantômes dans mon harem
Un peu plus de sauc' blanche dans mes hamburgers
Et de confettis à mi-carême
Ca ne veut pas dire que j'étais mal nourri
Mais si j'avais su je vous aurais mieux souri
Je serais bien ingrat de vous fair' des reproches
Le temps manque et je sais que rien ne m'est dû
La fin est encor' loin, mais d'un lustre plus proche
Il faudra pour rattraper le temps perdu
Des monceaux de fromage dans mon pain de mie
Et de sucre dans mon chocolat
Douze ou treize rois mages à chaque Epiphanie
Et des tonneaux de Coca Cola
Mille et deux nuits opaques à guetter côte à côte
Le chant désolé des lamentins
Des torrents d'ufs de Pâques jusqu'à Pentecôte
Arrachés aux nids des serpentins
Des armées de canards de toutes les couleurs
En petits costum's de matelots
Des Tours de Pise en crèpes pour la Chandeleur
Et des Tours Eiffel en marshmallows
C'est là, j'en conviens, un programme de titan
Il vaut mieux l'étaler sur assez longtemps
(Jean-François Domingues : basse ; Thomas Caligari : batterie)
Et je jouais enfin parmi les sycomores
Et je comptais enfin au nombre des danseurs
J'avais quitté le monde étroit des doryphores,
La meute des lapins pour celle des chasseurs
Le vin coulait bien chaud, et le goût de la fête
Dissipait ses derniers relents de pourriture
Et je n'avais plus peur ni d'homme ni de bête,
J'avais mon strapontin parmi les créatures
J'avais presque oublié la morsure du froid,
Le réconfort du vide et l'angoisse du plein
Et ce morne royaume où mes ineptes lois
Condamnaient à l'exil ceux qui n'y vivaient point.
J'avais conquis ma place auprès de l'âtre en brique
Et j'écoutais sans nul excès de déférence
Jeunes et vieux parler de leurs vies excentriques
Et ma voix se mêlait à leur concert de sens
Un soir que nous jouions dans le jardin d'hiver,
J'en vis trois tout à coup se changer en cloportes,
Se nourrissant de bouse et déféquant des vers,
Et puis quatre, et puis sept, puis toute la cohorte
Faisant crisser leurs yeux d'une infecte façon,
Ils se déchiquetaient de leurs pinces putrides
Ils viennent de finir, les survivants s'en vont
Je suis seul à nouveau, dans mon âme apatride
Nuit d'orage sur le couvent
Sur Lise fantasme au gré du vent
Dans le noir vont et dansent, allègres
D'onanistes grands nègres
Nus
Jouissant à la gloire du petit Jésus
Au rythme d'invisibles trompettes
Quelques papes en rut volettent
En tous sens, au-dessus de sa couche
Comme un nuag' de mouches
Priapiques
Bénissant les cieux et la fosse sceptique
Kyrie eleison (Kyrie pouet pouet, Kyrie Comecon)
Fascisti communistique testiculos suos edere debebunt
Les roustes de Pol Pot
Nagent dans ton assiette de compote
D'ananas, d'ananas
Green melons, mangoes and figs
Where only cucumbers should grow
Talking about guinea pigs
In a crystal grave under the snow
O seals,
O rosy frozen shrimps in the blue frozen sea
Cold meals
Are raining o'er my head but all I want's a cup of tea
Grey snails
And purple oozy slugs inside my underwear
My nails
Are bleeding as I dig for vegetables everywhere
But all I could find there was
Green melons, mangoes and figs
Where only cucumbers should grow
Talking about guinea pigs
In a crystal grave under the snow
Leave me alone dear,
I'm talking to Lord Gere
We're trying together
To device a better,
A new kind of happy disease
O don't ever tell me
You don't think it's funny
I'm here to answer all your questions, provided you say " please "
O please, O please, please, o why ?
Green melons, mangoes and figs
Where only cucumbers should grow
Talking about guinea pigs
In a crystal grave under the snow
Dark lands
Are spreading before me, reeking of icy fear
Black hands
Are searching for me silently, I know they must be near
But all there's to find here is
Green melons, mangoes and figs
Where only cucumbers should grow
Talking about guinea pigs
In a crystal grave under the snow
Crystal grave under the snow, crystal grave under the snow (x2)
Got myself a pistol, got myself a gun
So don't you forget me
Got myself a fistful, now I want some fun
So don't you forget me
Got my window open, got some air inside
So don't you forget me
Now my heart is broken, now I need some...
So don't you forget me
Because life is a fairy tale
And it's good
Cheeses are forever, worms have lost their leggs
So don't you forget me
Wallpaper is clever, giving birth to eggs
So don't you forget me
Chair on hairy mountain reaching to the shore
So don't you forget me
Water in the fountain being such a bore
So don't you forget me
Because life is a fairy tale
Yes life is a fairy tale
Yes, yes life is a fairy tale
And it's good
(Dylan Bendall: paroles, musique, guitare, voix)
Quand il n'rest'ra
Plus que de moi
Qu'un gros tas
Gros tas de chair
Tas de poussière
Gros tas d'mer
De
Quand je n's'rai plus
Qu'un résidu
D'homm' tout nu
D'homme sans corps
D'homm' sans rebord
D'homme tout mort
Quand on m'aura mis en bière, mis en bière
Quand on m'aura mis en bière, mis en bière
Quand on dira
De mes abats
" C'tait un bon gars "
Quand ma p'tite âme
Fera plus flamme
Dans vos larmes
Quand ma p'tite âme
Mettra les voiles
Vers les palm
Iers
Quand mon histoire
S'ra dans la mare
Des trous d'mémoire
Quand on m'aura mis en bière, mis en bière
Quand on m'aura mis en bière, mis en bière
Quand mes cinoches
F'ront la valoche
De ma caboche
Quand les volets
Seront cloués sur mes pensées
Quand ma légende
Fera se fendre
La gueule des gen-
dres
Quand ma moitié
Aura brûlé
Mes gilets
Quand on m'aura mis en bière, mis en bière
Quand on m'aura mis en bière, mis en bière
(Benoît Szakow : paroles, musique, guitare, voix)
Et quand les gendarmes
Sont venus, comptant pour me fair' céder
Sur ma mère en larmes
Je suis resté barricadé
Le bruit de l'école
Me parvient d'en bas même quand je dors
Parfois je m'affole
Et je risque un il au dehors
Et les petits ogres vont se soulageant dans la boue
En reniflant les petits ogres s'ébrouent
Tous nus dans la vase
Ils dévorent crues les mouches qu'ils écrasent
Et quand le psychiatre
Me crie qu'il n'y a vraiment pas de quoi
Se laisser abattre
Sans le mur entre nous je crois
Que je pourrais le mordre
Mais je me dis qu'à présent tout, peut-être
Est rentré dans l'ordre
Et je cours voir à la fenêtre
Et les petits ogres déchirent leurs petits corps souples
En ricanant les petits ogres s'accouplent
Debout, sans s'étendre
Ils dévorent crus les enfants qu'ils engendrent
Et quand la nuit dernière
Les pompiers ont pris d'assaut mon grenier
Ma mère était fière
De me trouver si résigné
Mais je dégringole
L'escalier, je dois quitter ce quartier
La cour de l'école
A envahi le monde entier
Et les petits ogres en quelques foulées me rattrapent
En jubilant les petits ogres me frappent
M'humilient, m'attachent
Ils dévorent crus les membres qu'ils m'arrachent
I didn't notice it creeping in
It looked like one of those feelings
It had too delicate a frame
To be soiled with a name
It hurt a bit first, but much less
Now that it's turning
Into a sweet kind of sadness
That keeps me going
There's no need looking for a cause
She didn't do it on purpose
This certitude no hope remains
It runs warm in my veins
I'll let it loose with no harness
As long it's feeding
This special sweet kind of sadness
That keeps me going
It might have been a dream, it might have been a lie
I thought at first it was a joke
I found out it was one, and I still don't know why
They look so serious when they talk
About their bleeding hearts
Still, it feels good to think, a while,
That some place is blessed with her smile
And even if I live a drone
I won't die quite a stone
I may meet fortune and success
But nothing will lift
From me this sweet kind of sadness
She left as a gift
And when I grow old and strengthless
I'll still indulge in
This special sweet kind of sadness
That keeps me going...
Special sweet kind of sadness
That keeps me going...
Dans un bruissement de soutanes
Quatre chérubins à dos d'ânes
Se trémoussent, s'élancent dans l'air sus-
Pendus à leurs prépuces
Parachutes
Au son guilleret d'un orgasme de flûtes
Kyrie érection
Gauchisti Pederasti
Humanarum virium magistri
Remissionnem peccatorum in rectum percipibunt
Les rognons de Beria
Teignent l'eau de la piscine en fuchsia
Na na na, na na na
J'aurais trop peur de m'attirer des ennuis
J'aurais trop peur d'attraper froid
En me coulant d'un vers fortuit dans le lit étroit
De ces trois
Ou quatre mesures je crois
Qu'il vaudrait mieux les apprivoiser d'abord
Pas leur fair'dir' n'importe quoi
Ni les plier sans leur accord sous une autre voix
Bien qu'il soit
Bien (Grand) temps que je les renvoie
En gesticulant (les barbouillant) comme un sapajou
A l'expéditeur sans autres ajouts
Que deux trois notes à moi
C'était pourtant le véhicule idéal
C'était l'occasion ou jamais
De signifier enfin sans mal (sans trop de mal) ce qui le devrait
Mais je n'ai
Su que renvoyer le tout
En gesticulant comme un sapajou
A l'expéditeur sans autres ajouts
Que deux trois notes à nous
(Prö State Lewis : musique)